Vernissage le vendredi 7 octobre 2016 à 19h30

À cette occasion, vous assisterez à une performance de l’artiste où l’œuvre prend vie…
Une balade sonore entre jazz, blues, chill out et chant des oiseaux vous accompagnera lors de votre visite.
Exposition jusqu’au 7 janvier 2017. Entrée gratuite.
Contact sur place : Anthony MILLET – 05 63 71 38 18 – hotellemiredames@gmail.com

À propos de l’artiste Nathalie De Zan

Née à Toulouse, Nathalie est artiste auteur multimédias depuis 8 ans. Même si son domaine de prédilection est la photographie, elle utilise toutes sortes de médium dans son processus créatif afin d’arriver à ses fins esthétiques : vidéo, graphisme, musique, scénographie, création de vêtement, origami…
Elle travaille essentiellement sur le corps lié à l’espace et à l’intime dans des situations provocatrices et oniriques. Le corps est pour elle une façon d’élaborer des analogies entre processus artistique et physique. Le but est d’interroger le statut du corps face aux diverses pressions de notre monde moderne. Elle crée des chimères syncrétiques à l’aide de métaphores, et de symboles qu’elle questionne en permanence.

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C’est de l’art dont il s’agit…

Et c’est écrit sur toutes les rotondes du monde, gravé dans le marbre : Sculpture, Peinture, Gravure et Architecture, avec Nathalie de Zan et il y a maintenant le Corps Pur. Pureté d’un instant figé, un temps ligoté par des cordes de soie invisibles, attaché à des chaînes de velours inapparentes et évanouies. Un bondage indécelable et insaisissable, sans amarrage, ni châtiment, au bolduc invraisemblable. Un bondage sans visage qui s’assure et s’assume et libère le corps. En cachant le museau dont la physionomie troublante orienterait nos regards, on distingue nettement une pendaison érotique, un geste nu et avouable, où toutes les courbures s’élancent dans un espace aux lueurs mystérieuses.
Un corps ardant de toute beauté, distingué, fastueux et flamboyant, il invoque les déesses païennes et le genre de l’être humain le plus majestueux : la femme.
Une lévitation savoureuse sacrifie et exalte le corps, en le martelant sous l’éloge personnifié d’Idoles oubliées. Nathalie de Zan telle la déesse étrusque Thesan associe la fertilité fantasmée et la sexualité vagabonde comme une chasseresse d’animaux sauvages et invisibles. Une nature exacerbée où la virginité n’est pas de mise. Aphrodite s’accouple avec Perséphone et enfantent une végétation et une nature aux sens les plus charnels. Il y a de la magie dans ces corps suspendus ou plutôt pendus à une potence immatérielle, au bourreau insaisissable.
Ce corps du moins cet Idole comme Bastet, déesse‐chat ou Hathor personnifient les principes de l’amour et s’échouent sur une plage au sable lisse auprès de Sothis fertilisant les sols. Assemblage d’organes, de substance d’anatomie, l’Eloge du bonheur féminin, fantasme du soi attaché soumis aux humeurs de l’esprit malin masculin et féminin. Un corps bousculé et manipulé sous les ordres d’un chorégraphe pervers invisible. Il fait émerger nos interrogations les plus insondables et engendrent des doutes permanents. Formes unifiées, malaxées vers l’abstraction corporelle et fluide et jouissant d’une nudité ecclésiastique. Eloge du bonheur féminin, telle une statuette antique, Poétesse, et sorcière aux arcs‐en‐ciel abondants, cette idole supprime la chasteté, elle devient un totem, un trophée.
La pause muette du cliché soumet le modèle tel une esclave libérée devant un spectateur au regard maître, cet amant dominateur, cet amphitryon philosophe. Aucune possibilité de toucher ou de caresser ce corps pendu à une potence imaginaire. Prennent‐ils du plaisir ? Dominés par l’action, qui asservit et dompte ? Qui est l’esclave ? La réponse est certainement dans la lucarne et la vision où résonne la luxure du sculpteur, du peintre, du graveur et de l’architecte. Corps pur aux prunelles attentionnées et troublées, elle est une statue irrécusable, une cariatide aux péchés fastueux et vifs, une nouvelle allégorie de la liberté même pendue soit elle… elle triomphe.

L’exposition « Tryptique »

Par la composition en triptyque de cette œuvre, tant picturale que photographique, Nathalie De Zan interroge la fonction régénératrice de l’artiste. Son autoportrait trouve un sens iconographique aussitôt qu’il se retrouve exposé, sa Trinité. L’avatar manifeste la nature protéiforme de cette idée d’unité. Les trois volets disposés de gauche à droite, proposent une lecture s’inscrivant dans le sens classique d’écriture, en même temps qu’une conception antique du processus de création. Superposée à cette première lecture, une deuxième lecture moderne, Orphique. Telle Ovide revenue des Enfers, la Créature s’en retrouve métamorphosée, se retournant vers son pygmalion. C’est alors le créateur qui s’expose, son œuvre revenue d’entre les morts, ayant trouvé la vie. Le spectateur est témoin d’une transfiguration, une métamorphose, une modification de forme, de fonction, de nature et d’état. Le classicisme répond à la modernité, la création s’étonne de son créateur, le Golem tout à tour s’émeut de son Dr Frankenstein puis, remontée jusqu’à son origine, de son modèle (à gauche, refermant la Trinité). Le modèle et le créateur sont, à leur tour devenus monstres. Cette figure psychologique est à l’origine de sa terrible métamorphose : une transformation destructrice du Soi en quelque chose d’absolument « autre » où il ne reste rien, pour abriter l’imagination créatrice, qu’une fragile carapace, à peine une façade.