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A LA UNE

Les compétences et l’innovation au service des mutations économiques. Comment les anticiper au mieux ?

Les Scop, confrontées comme toute autre entreprise à un environnement économique, technologique et réglementaire soumis à des évolutions permanentes, sont contraintes d’adapter leurs organisations et leurs compétences pour maintenir ou développer leur compétitivité. Or, la préparation et l’accompagnement à ces changements doivent intervenir le plus tôt possible comme en témoignent EMA, AEREM et COUSERANS CONSTRUCTION.

Les mutations économiques recouvrent des phénomènes interdépendants sur les plans technologique, économique, organisationnel et règlementaire. Tous ces phénomènes, qui impactent à la fois les savoir-faire, les appareils de production et les métiers, peuvent, s’ils ne sont pas anticipés, avoir des conséquences sur le plan socio-économique.

Anticiper ces mutations économiques implique une prospective sur les évolutions futures du marché, des secteurs, des territoires et des métiers afin d’adapter le plus en amont possible, les axes de développement territoriaux, les organisations des entreprises et du travail ainsi que les compétences des salariés.

Par exemple, les dispositifs de formation donnent ainsi aux coopérateurs les moyens d’élaborer les parcours professionnels et de développer les compétences pour garantir leur employabilité et se préparer aux changements professionnels qu’ils subiront ou choisiront au cours de leur carrière. L’entreprise doit les aider à accroître leurs niveaux de qualification, avec une attention particulière portée aux catégories les plus fragiles (travailleurs non qualifiés, seniors, personnes en situation de handicap…) à travers la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC).

Plus nombreuses, plus rapides et plus complexes, les mutations économiques conduisent à changer la perception de l’environnement économique et social, et à adopter de nouveaux comportements. Il apparaît nécessaire de transformer l’énergie générée par les nouvelles réalités internationales en un élan local pour bâtir le développement durable de nos territoires de demain. La coopération des acteurs économiques et sociaux participera à la réussite de tous en construisant aujourd’hui, les solutions de demain.

 

COUSERANS CONSTRUCTION s’oriente sur le marché MOB et la formation

Photo de l'équipe de Couserans Construction

Photo de l’équipe de Couserans Construction

Depuis la crise de 2008, le marché du BTP est en pleine mutation. En effet, le fait qu’il y ait moins de mises en chantier a crispé le secteur et de nombreuses entreprises ont été sacrifiées. « Aujourd’hui, l’enjeu principal pour les acteurs du secteur est de maintenir une petite marge afin de conserver l’activité et surtout les savoir-faire. » explique Patrick Rouaix, dirigeant de Couserans Construction.

La principale réponse a été de resserrer toujours davantage les prix pour faire face aux moindres budgets des collectivités et aux difficultés des primo-accédants à financer leur projet immobilier. Les grands groupes ont eu alors recours massivement à la sous-traitance, d’abord nationale, avant de faire appel à la main d’œuvre étrangère détachée. « Or, les PME ont du mal à concurrencer ce genre de pratiques. »

En parallèle, certaines entreprises se sont inspirées du modèle américain BIM (Building Information Modeling – ou Modélisation des données du bâtiment) qui facilite la faisabilité de projets de bâtiments, au niveau architectural, environnemental et économique, des phases en amont des projets. « Aujourd’hui, lorsqu’un architecte travaille six mois sur un plan, il laisse seulement un mois aux constructeurs pour répondre à l’appel d’offre. Or dans ce cas, il est compliqué de mettre en exergue les incohérences et lors de la réalisation, le projet est nécessairement redimensionné ce que le client ne comprend pas. D’où l’importance d’associer de l’ingénierie dès la conception. ». Cet ensemble d’outils vise à orienter la mise en œuvre vers certains procédés et à faciliter la communication autour d’un projet de construction.

« L’équation de demain sera d’être capable de proposer des produits qui respectent les normes, dans le cadre des budgets impartis. » Pour la résoudre, Couserans Construction doit actionner plusieurs leviers comme par exemple se positionner sur un secteur en devenir tel que le marché de l’ossature bois, qui correspond davantage à un produit  «philosophique», avec des clients qui ont une vision globale du projet et sont sensibles au Made in France.

« Un autre défi est de faire comprendre aux équipes que le BTP de demain ne ressemblera en rien à celui d’aujourd’hui. Nous devons pour cela rationaliser toutes les étapes du process, et ce dès la prise de contact, pour rester efficace et ainsi gagner 10 à 15 % sur les prix. » Afin d’être toujours à la pointe du savoir-faire, Couserans Construction mise aussi sur la formation des équipes avec un programme 4 à 5 fois plus ambitieux que la moyenne, « car il nous apparaît fondamental de conserver les savoir-faire tout en prenant le train des nouvelles technologies. Nous proposons ainsi depuis 2 ans des projets en conception-réalisation grâce au recrutement d’un ingénieur spécialisé dans ce domaine. »

Couserans Construction se positionne tout d’abord sur le moyen et haut de gamme, puis le marché de la construction en bois, et enfin la construction utile et nécessaire où se développe considérablement la pré-fabrication d’éléments en béton dans une logique de rationalisation des coûts et une optimisation du temps.

« Le secteur du BTP représente un vrai patrimoine en France avec ses nombreux savoir-faire notamment en restauration de vieux bâtiments. Les préserver et les transmettre est essentiel. Or, le secteur doit également s’adapter et se structurer en filière autour d’acteurs majeurs, puis de sous-traitants qui garantiront la maîtrise des travaux, la fiabilité des process et le juste prix. Reste à savoir à quelle vitesse ? »

Couserans Construction, en quelques chiffres :
> 60 salariés dont 80 % sont associés
> 7 millions d’euros de CA
> L’entreprise existe depuis plus de 70 ans, et a été reprise à la barre en Scop en 1995.

COUSERANS CONSTRUCTION

25 avenue Paul Laffont
BP 84 – 09200 Saint Girons Cedex
Tél. 05 61 66 27 62
www.couseransconstruction.fr

AEREM, de l’aéronautique au spatial

Comment anticipe-t-on les évolutions du secteur ? Comment parvient-on à organiser une telle mutation ? « Le choix stratégique a été de se reporter sur d’autres secteurs, proches de l’aéronautique, et tout aussi exigeants que sont le spatial et la défense. Restait encore à répondre à la question : Comment aborder ces marchés ? ».

Plusieurs changements se sont opérés au fil des ans pour y parvenir. Tout d’abord, un travail a été mené sur les savoir-faire des coopérateurs. Cela s’est traduit par un investissement sur de nouvelles machines, notamment multi-axes, propres au spatial, et des systèmes informatisés, des outils très performants aujourd’hui. Pour les utiliser, les salariés ont dû se former et monter en compétences. Un plan a donc été établi pour qu’au moins 2 salariés possèdent chaque savoir-faire, favorisant ainsi le roulement de l’activité, et demeurent polyvalents. « Pour séduire les clients, nous avons dû également étendre nos compétences avec des métiers complémentaires.
C’est pourquoi, nous rachetons cette année ACAM une chaudronnerie de 10 personnes basée à Plaisance-du-Touch, et spécialisée dans les assemblages mécano-soudés de grandes dimensions. 
»
AEREM s’est également engagée dans une démarche qualité supplémentaire avec la norme EN 9100, propre aux pièces de vol spatiales et aéronautiques, qui induit un contrôle très strict de l’organisation interne.

« Un autre axe mis en place depuis plusieurs années est l’inter-coopération avec les principaux acteurs du marché qui nous a amenés à créer Nodea Industries, un Groupement d’Intérêt Economique en 2013. » Cette stratégie, largement éprouvée depuis, s’est avérée gagnante et est de plus en plus sollicitée. C’est donc ainsi l’ensemble de l’environnement industriel qui a évolué, et les acteurs sont devenus tour à tour clients, compétiteurs et fournisseurs. «Cela a considérablement adouci les relations client-fournisseur» souligne Joël Bry.

Jusqu’à peu, l’entreprise se focalisait à ne réaliser que des équipements à l’unité.
Toutefois, pour réduire sa dépendance à l’acteur historique aéronautique, une orientation a été prise pour produire des équipements en série. « C’est un tout autre métier qui impliquera là aussi de nouveaux investissements en robotisation et une montée en compétence des salariés sur la programmation des robots afin d’éviter le travail de nuit, non souhaité par les coopérateurs. »

Pour accompagner son développement, AEREM s’implantera d’ici fin 2017 sur la zone industrielle du Roulage à Pujaudran dans le Gers. Un bâtiment de 3 800 m² conçu de manière responsable sur un terrain de 10 000 m² pour un coût global de 4 millions d’euros.

Photo du futur bâtiment

Photo du futur bâtiment


AEREM, en quelques chiffres :

> 50 salariés dont 75 % sont associés
> 4,3 millions de CA en 2015 et 6,5 millions cette année grâce, entre autres, au rachat d’ACAM.
> Créée en décembre 1985 en Scop.

AEREM
18 Avenue du Louron
31770 Colomiers

Tél. 05 61 78 63 63
www.aerem.fr

 

EMA accompagne le changement

Photo de l'équipe EMA

Photo de l’équipe EMA

Les entreprises repensent leur modèle. Cela se décline à plusieurs niveaux : innovation produit, innovation marché et aussi, entre autre, innovation managériale où l’on va reconsidérer l’organisation, et cela va se traduire dans le traitement des espaces de travail.

Le besoin majeur qui émane à travers ces mutations, c’est la transformation du collectif humain où tous les salariés sont tournés vers un même objectif. « Finis les rapports hiérarchiques pyramidaux de cadres à subordonnés, les rôles de chacun sont redéfinis de façon beaucoup plus transverse, en mode projet, avec en ligne de mire le client, au cœur du système » observe Annie Kirner, associée de la Scop EMA.

Un des principaux acteurs de ces transformations, le digital a bouleversé les manières de travailler ces dernières années. Il a ainsi permis aux entreprises de se rapprocher de leurs clients, d’aller à la source d’information pour faire évoluer les produits et services avec une réactivité améliorée.

Avec comme credo transformer les sujets techniques en projets humains, EMA accompagne les entreprises, quels que soient leur secteur d’activités et leur taille, à redéfinir leurs espaces collaboratifs. « Par exemple, pour le Crédit Agricole, nous avons travaillé sur l’effacement de l’empreinte papier permettant d’alléger la perception des espaces et de favoriser les flux d’information numériques plus efficaces. Les clients sont aujourd’hui de plus en plus informés et de plus en plus exigeants. Le digital a réduit les délais dans le conseil et la prise de décision. Face à cela, les entreprises doivent développer de l’agilité pour anticiper, au plus vite, les besoins de leurs clients. Cela se traduit souvent par la suppression des intermédiaires dans la chaîne. »

Autre acteur régional qui fait figure de référence parmi les entreprises libérées, la biscuiterie Poult, premier biscuitier français sous marque de distributeur qui a lancé une démarche collaborative sur l’aménagement de son siège social à Toulouse. L’idée étant de mettre les espaces de travail en conformité avec sa vision managériale. « Nous les avons aidé à définir les besoins en bureaux partagés, en points de rencontres, en salle de créativité, en zones de convivialité, ainsi qu’en espace dédié au coworking. Mettre l’humain au cœur de la réflexion pour penser des espaces qui facilitent les échanges et le travail collaboratif, répondre aux souhaits d’innovation et accompagner la future évolution du groupe tout en affirmant bien sa singularité managériale » détaille JeanJulien Urbain, associé de la Scop EMA.

Comment accompagner au mieux la transformation à laquelle les acteurs économiques sont confrontés ? L’accompagnement du capital humain, au travers des espaces, est l’une des réponses que propose EMA.

La génération Y, suivie de près par les générations Z puis Alpha, a moins besoin d’un cadre hiérarchique, souhaite partager des espaces collaboratifs, donner du sens au travail et se sentir bien dans un projet d’entreprise. « Les entreprises ont besoin de se transformer pour recruter leurs nouveaux talents » confirme Annie Kirner. « Pour participer à la valorisation de l’ambiance au travail, nous développons aussi un module de sieste, dans des espaces dédiés au sein des entreprises, plus confidentiels avec du mobilier adapté, pour apprendre à se ressourcer de façon « éclair » et améliorer sa productivité. »

« Nous avons des projets de croissance pour 2017 et sommes toujours à la recherche de partenaires experts pour couvrir l’ensemble des besoins de nos clients. Par ailleurs, nous sommes également attentifs à être un acteur impliqué dans les modèles d’économies circulaires, comme par exemple la démarche entreprise avec le Syndicat des communes forestières des Pyrénées afin de relancer la filière bois. L’idée est de concevoir des meubles en bois massif, à la fois originaux, modernes et ergonomiques, afin que les salariés puissent se réapproprier leur espace. Se sentir bien au bureau dans une atmosphère apaisante, tout en se reconnectant à la nature et contribuant à réduire l’empreinte carbone induite par la fabrication actuelle de meubles en Chine, qui importe des matières premières nobles, issues de nos forêts, pour vendre ensuite des produits basiques en kit. Une belle illustration pour démontrer que performance et bien-être sont compatibles » conclut Jean-Julien Urbain.

EMA en quelques chiffres :
> 4 salariés-associés et 4 consultants experts
> 240 000 € de CA en 2015, 10 % de croissance par rapport à 2014
> Créée en 1996 et transformée en Scop depuis 2010.

EMA
82, allées Jean-Jaurès
31000 Toulouse
Tél. 05 61 62 33 67
www.ematopie.com

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