Une tendance en constante progression et encourageante pour l’avenir

À l’aube de la Journée internationale des droits des femmes, qui sera célébrée le 8 mars prochain, c’est l’occasion de souligner que les femmes dirigeantes en France sont encore minoritaires au sein des entreprises classiques (14% des dirigeants d’entreprises sont des femmes), en revanche, elles sont bien mieux représentées dans les Scop avec un taux de 25%. En Midi-Pyrénées, la tendance est à la hausse où elle avoisine les 27% ; un chiffre qui prouve que dans le milieu de l’économie sociale et solidaire, les femmes trouvent davantage leur place, avec des valeurs qui leur correspondent, notamment dans le mode de management, plus participatif.
Lorsqu’on interroge des femmes dirigeantes de Scop, on se rend compte que la mixité professionnelle serait porteuse de performances pour la société mais qu’il n’est pas toujours évident, au quotidien, d’être une femme à la tête d’une entreprise.

Des gérantes témoignent…

Lorsque les anciens salariés ont décidé de reprendre leur société, éditrice du Journal Toulousain, ils ont été séduits par le statut et le fonctionnement démocratique d’une Scop. Pour les salariés, la relation « affective » avec l’outil de travail est bien plus forte. Chaque salarié (associé) peut prendre part aux décisions de l’entreprise, exemple avec l’élection du gérant… nous (les associés) nous sommes mis d’accord pour élire gérant celui ou celle qui présentait la meilleure organisation et que l’administratif rebutait le moins. Au regard de tous, j’avais le profil le plus adéquat ; c’est un peu cliché mais ça reste indispensable au bon fonctionnement d’une entreprise. Au-delà de sa fonction de gérante, Séverine Sarrat est une jeune femme de 35 ans… « Il n’est pas toujours facile d’être prise au sérieux. Or, il me semble qu’être une femme dirigeante ne choque plus grand monde, à part peut-être les anciennes générations. De nos jours, les gens ont compris que le sexe n’était pas gage de compétence. Et je pense que la génération future l’aura encore mieux assimilée, à nous de veiller à ce que cet état de fait perdure ! ». Séverine Sarrat – Scop News Médias 3.1 (Le Journal Toulousain)

La Scop Symbiosphère, créateurs et fabricants de nichoirs, refuges, abris, gîtes en tout genre pour protéger la biodiversité locale, est née de la conjonction des expériences de trois fondateurs, 1 femme et 2 hommes. Pour des questions de parité, c’est Leslie Faggiano qui a été choisie pour tenir le rôle de gérante. Elle accomplit ses missions avec brio et construit avec son équipe de nombreux projets de développement ; même s’il est encore difficile de s’imposer. « Rigueur, volonté, force et adaptabilité sont pour moi les quatre valeurs essentielles pour une femme entrepreneure, qui permettent d’affronter les remarques sexistes du quotidien et ainsi arriver à s’affirmer. Il reste encore beaucoup à faire… », Leslie Faggiano, Scop Symbiosphère.

Le CIBC du Tarn, association transformée en Scop en 2014, est spécialisé dans l’orientation professionnelle et la gestion des carrières. Il intervient dans un domaine où les métiers sont très féminisés, environ deux tiers des personnes accompagnées dans leur changement professionnel sont des femmes. « Le fait que le CIBC soit dirigé par une femme n’a donc rien d’étonnant et je n’ai pas été confrontée à des situations où cela a pu représenter un frein. Pour autant, même dans nos métiers où elles sont très majoritaires, les femmes restent encore minoritaires à la tête des organisations. Il reste donc du chemin à parcourir. C’est aussi à nous de les encourager à valoriser leur potentiel et à investir davantage certains secteurs ! » Aurélie Ferjoux – Scop CIBC Tarn

A Toulouse, une coopérative développe depuis plus de 15 ans, une ingénierie de la prise en compte de l’égalité dans les politiques publiques et de sa mise en œuvre dans les pratiques sociales et professionnelles, la Scop Egalitère. D’après Josy Gaillochet, sa gérante, des changements sont à noter mais qu’il n’en reste pas moins que les femmes sont encore peu représentées dans le développement des entreprises, ainsi que dans leurs gouvernances. Selon elle, « sont en cause : des modèles sociétaux qui restent encore bien souvent ancrés dans une représentation unique de « l’entrepreneur ». De ce fait, les femmes qui souhaitent entreprendre sont confrontées à des obstacles qu’elles doivent analyser et intégrer dans leur démarche de création. »
Pour conclure, Josy Gaillochet souligne « qu’afin de renforcer les femmes à entreprendre et surtout à aller au-delà de ces obstacles, il est donc nécessaire de partager, d’apporter des modèles diversifiés de femmes dirigeantes, de valoriser ces modèles de réussite et les dirigeantes de Scop représentent pour une partie ces exemples de réussite ».